La prééclampsie est une complication de la grossesse qui associe une hypertension artérielle et la présence de protéines dans les urines, à partir de la 20e semaine. Elle concerne environ 2 % des grossesses en France, le plus souvent une première grossesse.
Elle est sérieuse, mais c'est précisément pour la détecter tôt que ta tension et tes urines sont contrôlées à chaque consultation. Bien suivie, elle est prise en charge avant de devenir dangereuse. Voici ce qu'il faut savoir et, surtout, les signes qui doivent t'alerter.
Qu'est-ce que la prééclampsie
On parle de prééclampsie quand deux éléments se combinent après la 20e semaine : une tension artérielle élevée, égale ou supérieure à 140/90 mmHg, et une fuite de protéines dans les urines, supérieure à 0,3 gramme par jour. Cette protéinurie traduit un retentissement sur les reins.
Le mécanisme tient à un mauvais fonctionnement du placenta, qui perturbe la circulation et la tension. C'est une maladie de la grossesse : elle disparaît après la naissance, car son origine est le placenta lui-même. On parle de forme sévère quand la tension dépasse 160/110 mmHg ou que la protéinurie est très importante.
Les signes d'alerte à connaître
La prééclampsie est souvent silencieuse au début et découverte lors d'une consultation de routine. Mais quand des symptômes apparaissent, ils doivent être pris très au sérieux, car ils signent une forme qui s'aggrave.
Préviens ta maternité sans attendre si tu as
- Des maux de tête intenses et inhabituels, qui ne passent pas.
- Des troubles de la vue : points lumineux, mouches, vision floue.
- Une douleur en barre sous les côtes, à droite ou au creux de l'estomac.
- Des œdèmes brusques du visage et des mains, apparus rapidement.
- Une baisse de la quantité d'urines ou une prise de poids soudaine.
Tous les gonflements ne sont pas inquiétants : des chevilles enflées en fin de journée sont banales en fin de grossesse. Ce qui alerte, c'est un œdème brutal, qui s'installe vite et touche surtout le visage et les mains.
Le dépistage à chaque consultation
C'est tout l'intérêt du suivi mensuel : à chaque rendez-vous, on mesure ta tension et on contrôle tes urines avec une bandelette. Ces deux gestes simples permettent de repérer une prééclampsie avant même que tu ne ressentes quoi que ce soit.
C'est aussi pour cela qu'il est important de ne manquer aucune consultation, surtout au troisième trimestre. Une tension qui monte ou des protéines qui apparaissent dans les urines déclenchent des examens complémentaires et une surveillance rapprochée, parfois à la maternité.
Les risques pour toi et ton bébé
Sans prise en charge, la prééclampsie peut se compliquer. Du côté maternel, elle peut évoluer vers une éclampsie, une crise de convulsions, ou vers un syndrome appelé HELLP, qui touche le foie et la coagulation. Du côté du bébé, elle peut freiner sa croissance et imposer une naissance prématurée.
Ces complications sont devenues plus rares grâce au dépistage systématique, qui permet d'agir avant qu'elles ne surviennent. C'est la raison d'être de toute cette surveillance, qui peut sembler répétitive mais qui protège réellement.
Qui est plus à risque
La prééclampsie peut survenir chez n'importe quelle femme, mais certaines situations augmentent le risque. Les connaître permet de renforcer la surveillance, et parfois de proposer une prévention dès le début de la grossesse.
Le premier facteur est tout simplement la première grossesse : 70 à 75 % des prééclampsies surviennent lors d'une première grossesse. S'y ajoutent des antécédents personnels ou familiaux de prééclampsie, une hypertension déjà connue, un diabète, une maladie des reins, une grossesse multiple, un âge supérieur à 35 ans ou un surpoids important.
Si tu présentes l'un de ces facteurs, ton équipe le sait et adapte ton suivi. Cela ne signifie pas que tu feras une prééclampsie, mais que l'on y sera particulièrement attentif. C'est dans ces situations que la prévention par aspirine, débutée tôt, prend tout son sens.
La prise en charge
Quand une prééclampsie est confirmée, la surveillance se renforce, souvent avec une hospitalisation. Des médicaments contre l'hypertension sont donnés pour faire baisser la tension, et du sulfate de magnésium peut être administré pour prévenir les convulsions dans les formes sévères. Si une naissance avant 34 semaines se profile, des corticoïdes aident à la maturation des poumons du bébé.
Le seul traitement qui guérit vraiment la prééclampsie reste la naissance, puisqu'elle met fin au rôle du placenta. Selon la gravité et le terme, l'équipe décide donc du meilleur moment pour déclencher l'accouchement ou réaliser une césarienne, en équilibrant les bénéfices pour toi et pour ton bébé.
La prévention pour les femmes à risque
Si tu as déjà fait une prééclampsie, ou si tu présentes certains facteurs de risque, un traitement préventif peut être proposé pour la grossesse suivante. Il repose sur de l'aspirine à faible dose, commencée avant la 16e semaine et poursuivie jusque vers la 36e semaine.
Questions fréquentes
Les questions le plus souvent posées sur ce sujet.
Des maux de tête intenses, des troubles de la vue, une douleur en barre sous les côtes, des œdèmes brusques du visage et des mains, ou une baisse des urines. Ils imposent d'appeler la maternité sans attendre.
Par la mesure de la tension et une bandelette urinaire à chaque consultation prénatale. Ces deux contrôles simples permettent de la repérer souvent avant tout symptôme.
Après la 20e semaine de grossesse, et plus souvent au troisième trimestre. Avant ce terme, on ne parle pas de prééclampsie.
Elle peut le devenir sans prise en charge, avec des complications pour la mère et le bébé. C'est justement pour cela qu'elle est dépistée et surveillée de près tout au long de la grossesse.
Oui, car son origine est le placenta. La naissance est le seul traitement qui guérit la prééclampsie, même si une surveillance se poursuit quelques jours après.
Chez les femmes à risque, de l'aspirine à faible dose, débutée avant 16 semaines et poursuivie jusque vers 36 semaines, réduit le risque. Elle est prescrite par le médecin.
C'est possible, surtout après une forme précoce ou sévère. C'est pourquoi un suivi rapproché et parfois un traitement préventif sont prévus pour la grossesse d'après.
Surtout les femmes enceintes pour la première fois, celles ayant des antécédents de prééclampsie, une hypertension, un diabète, une maladie rénale, une grossesse multiple, un âge supérieur à 35 ans ou un surpoids important.
La prééclampsie disparaît après la naissance, mais elle justifie une surveillance de la tension les jours qui suivent et un suivi à distance, car elle est associée à un risque cardiovasculaire plus élevé plus tard dans la vie.
A NOTER
Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de signe d'alerte, contacte ta maternité ou appelle le 15 sans attendre.
Mis à jour: juin 2026. Nous mettons cet article à jour régulièrement.



